Modélisation des perturbations électromagnétiques basse fréquence dans un champ magnétique à géométrie de type « miroir »
Olivier Le Contel, CETP/IPSL, CNRS/UVSQ, Vélizy
En régime non collisionnel, et
dans un champ magnétique à géométrie de type miroir dont l’échelle spatiale
caractéristique est grande devant le rayon de Larmor des particules, les
particules effectuent un mouvement d’aller et retour le long des lignes de
champ. La modélisation des perturbations « basse fréquence », i.e.
dont la fréquence (w)
est basse devant la fréquence de rebonds des particules (wr),
nécessite un traitement particulier [Pellat, 2000]. D’une part, les résonances,
qui peuvent se produire entre les ondes et le mouvement périodique de rebonds
des particules, empêchent de fermer le système des équations fluides par une
équation d’état locale « classique » de type polytrope. D’autre part,
le mouvement rapide des particules le long du champ implique que la réponse du
plasma dépend non seulement de la valeur locale de la perturbation du champ
électromagnétique mais aussi de la valeur moyennée de celle-ci sur le mouvement
de rebonds des particules. Ces effets ne peuvent être décrits par des
modélisations « hybrides » où les électrons sont décrits comme un
fluide. Les codes « cinétiques » sont a priori les plus
adaptés pour étudier ce type de perturbations. Cependant, la description du
mouvement de rebonds des particules est consommatrice de temps calcul. En
pratique, seuls les codes girocinétiques, qui résolvent les équations moyennées
sur le mouvement de giration, sont adaptés à ce type d’études. Analytiquement,
il est possible de fournir une description linéarisée de la réponse du plasma à
ce type de perturbations basse fréquence et de mettre en évidence ses
spécificités. En résolvant le système
d’équations Vlasov/Maxwell, et en particulier en traitant explicitement
l’équation de quasi-neutralité, on obtient que le champ électrique perturbé est
composé de 2 contributions : une partie induite et une partie
électrostatique associée au mouvement de rebonds des particules. Dans certains cas, la partie électrostatique
s’oppose à la partie induite et on aboutit à une sorte d’effet d’écran [Le
Contel, 2000]. Le plasma est alors « bloqué ». Après une présentation
rapide des équations de base, je décrirai les résultats et leurs conséquences
sur l’étude des mécanismes de reconfiguration rapide de la queue magnétique
terrestre et du transport du plasma. Ces considérations seront étendues à un
contexte astrophysique plus général.
Références
Le Contel O., Pellat R. and A. Roux, Self-consistent quasi-static radial transport during the substorm growth phase, J. Geophys. Res., 105, 12929-12944, 2000.
Pellat R.,
Le Contel O., Roux A., Perraut S., Hurricane O., Coroniti F. V., Self-consistent kinetic approach for
low-frequency and quasi-static electromagnetic perturbations in magnetic-mirror
confined plasmas, Third CNRS School on Solar Astrophysics, Oléron Mai 1998,
Transport and Energy Conversion in the Heliosphere, eds J.-P Rozelot, L. Klein
and J.-C Vial, Lectures Notes in Physics, Springer, 2000.